Les attelages du Kreiz Breiz

Journées à la ferme

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Un peu d'histoire ...

Je suis issu d'une famille d'utilisateurs de chevaux de trait. D'origine costarmoricaine, de Quemper-Guezenec dans le Trégor, j'ai eu la chance de grandir dans ces ambiances où pas un repas de famille n'était ponctuéde récits d'attelées au travail de la terre ou au travail du bois. Autant d'amour, côté maternel ou paternel, pour ce cheval breton vif et puissant, descendant direct du Norfolk qui fit de la Bretagne une terre de chevaux exeptionnels et d'hommes de chevaux. Mes deux grand-pères étaient de ceux-là, humbles mais connaisseurs. A mes questionnements d'enfants, pas de renvois, bien au contraire toujours ce plaisir de raconter le plaisir, la rigueur, la sensibilité, les coups de collier, les devoirs d'obéissance ... et cette attention journalière presque divine qu'on leur devait parce qu'ils étaient les rois de leur modeste ferme. J'étais fasciné à jamais et si je devais un jour prendre une ferme à mon compte, il y aurait des chevaux de trait bretons ... Je ne pourrais me satisfaire aux simples concours de modèle, il me faudrait travailler avec. En 1986, je m'installais sur une ferme dans le Centre-Bretagne et en 1987, j'achetais ma première jument. En 1992, je demandais une activité de tourisme équestre attelé et en 1997 mon activité de débardage à cheval. Je possédais alors trois juments de travail et d'autres jeunes chevaux. Après avoir débuté par de petites éclaircies de résineuxpour le compte de l'ONF ou du Conseil Général 22, je me rendais vite compte des difficultés liées au manque de technique et de matériel spécifique aux contraintes du débardage à cheval. Malgré ma petite expérience à atteler les chevaux, je demandais à Jean Herman, débardeur belge reconnu de me prendre en stage pour trois semaines afin de parfaire ma technicité. J'en revenais avec un regard neuf sur le métier. Puis vint la tempête de 1999. Je contactais les communauté de communes et syndicats de rivière de l'ouest du département afin de leur proposer mes services, sachant que les dégâts étaient importants sur quelques grosses rivières : arbres couchés, embâcles énormes, niveaux d'eau importants. Tels étaient les travaux à effectuer. Tâches difficiles, d'autant plus qu'il fallait :
- convaincre du bien-fondé de l'utilisation du cheval en rivières dans des endroits inaccessibles aux engins mécaniques ;
- effectuer des devis justes et rémunérateurs afin de répondre au mieux aux appels d'offre ;
- faire mieux que la machine dans ces endroits sensibles ;
- passer des berges souvent très hautes et donc utiliser des techniques de mouffage pour sortir troncs et charpentières du lit des rivières ;
- familiariser les chevaux au travail dans l'eau (courants parfois très puissants, berges humides, cailloux et rochers présents dans l'eau ...).

En 2000, une partie des travaux me fût confiée sur la rivière du Léguer. Je travaillais avec un collègue bùcheron. La réussite fùt complète et, en 2001, ce sont deux programmes de rivière qui nous fùrent confiés sur le Léguer et sur le Jaudy (autre grosse rivière du département). Depuis, ce sont environ 160 kms de rivières que nous avons nettoyées dont les 2/3 avec l'utilisation du cheval : le Leff et ses affluents, le Scorff dans le Morbihan, le Blavet ... Si le cheval est moins efficace sur les très gros arbres (diamètre supérieur à 80), il l'est beaucoup plus sur les diamètres inférieurs grâce notamment à son étonnante mobilité dans ces endroits très fermés et néanmoins grâce à sa très grande force de traction. Ceci est aussi l'avis de beaucoup de techniciens de rivière. Cela place la traction animale très concurrentielle pour l'exécution de ce type de chantier. Complétant les chantiers de rivière aux mois d'automne, j'effectue toujours des coupes de débardage de résineux (éclaircies) et de plus en plus des coupes de nettoyage de boisements, dans le but de récupération de bois de chauffage. Ce sont la plupart du temps des terrains accidentés avec beaucoup de rochers où le câblage des treuils serait trop long. Le bois est fendu en bord de route. Mes donneurs d'ordres sont le Conseil Général, les Communauté de Communes et de plus en plus de propriétaires privés. La rémunération des chantiers se fait pour la moitié au stère (à partir de 8,5€) pour l'autre moitié à la journée (300 à 400 €/jour). Je travaille actuellement avec trois juments bretonnes : Cerise âgée de 17 ans, Euriad 15 ans et Gwerz 13 ans.

Trugarez barz da ma c'hezeg, da biv a c'houlennañ. Kalz 'wechoù, da all an tud n'eus stummet ac'hanoñ da labourat gant al loened-splann se, n'eus laket ac'hanoñ en em kejañ gantei.

Liens

Site de l'association Arbres Environnement et Travaux Forestiers